
C’est irréversible. Et c’est un Français qui vous le dit, un Français que son pays a jeté plusieurs fois, comme un malpropre, malgré son si beau titre de docteur d’Etat en droit, un Français qui est allé en Europe de l’Est pour se construire une vie devenue enfin stable. C’était il y a 33 ans. La France n’était pas encore dans l’état lamentable dans lequel elle est aujourd’hui. Ce Français est comme ces enfants maltraités par leur mère et qui continuent malgré tout à l’aimer même s’il leur est impossible d’oublier l’indifférence et surtout, l’ingratitude qu’elle leur a manifestées dans leur jeunesse ! Mais bon, entrons dans le sujet. Une question s’impose : qu’est-ce qu’un peuple foutu ? C’est un peuple qui vit encore puisqu’on s’adresse à lui mais qui bientôt va rendre l’âme, un pays qui n’a plus cette lumière intense qui le caractérisait, cette énergie incomparable, ce génie créatif dans tous les domaines. Je discutais il y a quelques jours dans le bus avec une dame qui soudain me demanda de quel pays j’étais. Quand je lui répondis : « France ! » je vous assure, j’eus l’impression que son visage soudain s’illumina agrémenté d’un sourire timide. Pauvre femme ! âgée comme moi et qui en était évidemment à ce qu’était la France d’il y a 60 ou 70 ans ! Je me réjouis qu’elle ignora la situation actuelle et bien sûr, je n’en dis mot… par reste de fierté ! Je m’explique :
1) Français, vous êtes foutus parce que depuis les Gaulois, vous avez régulièrement été pris par une force d’attraction vous jetant brutalement dans le vide c’est-à-dire finalement, dans la mort. Vous vous êtes toujours détestés et donc, vous n’avez jamais été en mesure de vous supporter pour former un peuple soudé. La haine chez vous est une vraie obsession, une sorte d’orgasme destructeur qui anime chacun de vous. D’ailleurs, lisez les commentaires sous les articles de Riposte Laïque, la preuve est là sous vos yeux. Vous puez la mort. En fait, ce ne sont, par contraste que quelques hommes et quelques femmes – romanciers et poètes, compositeurs, peintres et sculpteurs, scientifiques et techniciens, grands médecins – qui ont fait la grandeur de la France, l’exception qui confirme la règle en quelque sorte !
Lisez pour comprendre, les phrases suivantes étalées dans le temps de votre histoire. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » dit Arnaud Amaury lors du massacre des habitants de Béziers le 22 juillet 1209. « Eh bien, tuez-les, mais tuez-les tous, qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher ! » éructe le roi Charles IX lors du massacre de la Saint-Barthélemy le 22 août 1572. « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ces femmes et ses enfants… j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé » écrit dans son rapport apocryphe le général républicain François-Joseph Westermann après la défaite de la grande armée catholique et royale à Savenay le 23 décembre 1793. « Venez à nous comme des frères repentis et soumis à la loi… si vous persistez l’armée et la garde nationale rempliront leur devoir avec une inflexible et terrible énergie » prévient le général Cavaignac aux insurgés le 23 juin 1848. Lors de la Commune de Paris en 1871, Adolphe Thiers, chef du gouvernement donne l’ordre suivant à ses troupes versaillaises : « Ne faites aucun prisonnier ! Que tout ce qui est armée soit passé par les armes ! ». Je n’ai pas bien sûr la naïveté de croire que dans les autres nations, c’est le paradis. Mais en France, tout au long de son histoire, la haine atteint les sommets. Après la Commune, il y aura Clemenceau et son « Je suis le premier flic de France » face aux mouvements revendicateurs des ouvriers ; le 6 février 1934, ; puis, la Collaboration puis ensuite l’Epuration, puis, devant la traîtrise de de Gaulle, l’OAS. Aujourd’hui, on a Macron qui se fout des Français comme de sa première chemise comme on l’a vu avec les Gilets jaunes, la crise du coronavirus et les incendies de cet été. Français, désolé de vous le dire mais vous êtes un peuple malade, malade de votre haine, cette haine qui vous disperse et vous fait aimer la mort comme on aime un fruit juteux et sucré. Et c’est ce qui vous perd aujourd’hui … car d’autres causes s’ajoutent à cette folie, des causes d’ailleurs qui elles aussi, conduisent à votre folie du vide.
2) Vous avez tué Dieu, la seule voie qui aurait pu vous réunir définitivement et avez créé votre République. Avec le temps qui est passé, vous avez pris plaisir à tout casser, c’est-à-dire les normes, les comportements, les coutumes, les valeurs comme on dit aujourd’hui, tout ce qui en fait, définissait ce qui faisait votre originalité de Français. Vous avez écrit une belle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui aurait dû, par nature, créer une Fête de la Fédération pour les décennies à venir, ne vous apercevant pas de la lacune phénoménale de ladite Déclaration : à savoir que c’est bien beau la liberté d’expression mais si on ne lui donne pas un cadre obligeant une impérative harmonie, elle conduit tout droit au pugilat collectif. Et c’est bien ce qui s’est passé ensuite. Toujours ce foutu besoin de vide, de balayer autour de soi ses propres concitoyens, toujours ce besoin de s’entredéchirer, ce goût putride de la mort.
Puis tout s’est accéléré après mai 68. Le peu qu’il vous restait encore de mœurs, vous vous êtes complus à le bousiller. « Vive la pédophilie ! Vive l’amour libre ! Vive les drogues ! Vive les criminels ! Vive la fainéantise ! Il est interdit d’interdire! avez-vous gueulé entraînant sous votre bannière une grande majorité de Français que vous avez ainsi pourrie, les rendant amorphes. Et comme par hasard, au même moment, sont arrivés les Trente Glorieuses que le film La Grande Bouffe en 1973 a illustré à merveille : « En dehors de la nourriture, tout est épiphénomène » dit l’acteur Michel Piccoli. On ne saurait être plus clair ! Français, vous êtes devenus des bovins c’est-à-dire des brouteurs des produits de la surconsommation dont vous avez été les créateurs. Votre grande bouffe vous a conduit à fixer vos yeux sur le sol de la matérialité, l’horizon n’ayant plus depuis longtemps d’intérêt pour vous. Vos femmes se sont libérées. C’est vrai que les hommes les avaient coincées, c’est le moins qu’on puisse dire. Alors, elles aussi, ont réclamé leur droit au plaisir : « Jouir sans entraves ! ». Elles ont réclamé la pilule et elles l’ont obtenue. Beaucoup se sont retrouvées enceintes, fallait s’y attendre. Alors, elles ont obtenu le droit à l’avortement et depuis peu, qu’il soit inscrit dans la Constitution. Et aujourd’hui, ce droit est ni plus ni moins une forme de contraception et entre 240 000 et 250 000 bébés sont assassinés chaque année ! Ah ! Ce foutu, ce fumier goût de la mort !
3) Mais le pire, c’est qu’il ne vous a pas suffi de crever (je ne dis pas mourir, crever étant pour les animaux !) par la dissolution revendiquée de vos mœurs. C’est ainsi que, comme pour parfaire votre goût prononcé par votre destruction, vous avez ajouté la flagellation. Cela ne devait sans doute pas suffire, et aller assez vite vers votre auto-extermination. Avec la suffisance qui vous a toujours caractérisés, vous avez considéré que vos pères avec leurs idées avaient été de fieffés salopards et qu’il vous appartenait aujourd’hui de réparer leurs fautes comme si c’était vous les coupables et comme si d’ailleurs, eux-mêmes l’avaient été. Ainsi, vous référant bizarrement – puisque vous aviez tué Dieu ! – à la charité chrétienne, vous avez décidé d’ouvrir grand vos portes, à tous les enfants dont les pères avaient soi-disant été martyrisés par vos propres pères. Bêtes que vous étiez, vous n’avez même pas été foutus de comprendre que lesdits enfants allaient interpréter votre bienveillance comme une opportune revanche pour vous réduire petit à petit et se nourrir de votre richesse, pour prendre votre place. Les musulmans qui vous envahissent chaque année à raison de 500 000 sont de vrais experts pour profiter de votre faiblesse. À ce titre, vous seriez bien inspirés de lire les pages d’Ibn Khaldoun (1332-1406) : « Voyez tous les pays que les Arabes ont conquis depuis les siècles les plus reculés : la civilisation en a disparu, ainsi que la population ; le sol même paraît avoir changé de nature ».
4) Il y a d’autres raisons qui font encore que vous êtes foutus, et pas des moindres et elles sont liées finalement à ce que je viens d’écrire. La dissolution des mœurs et surtout la philosophie qui la sous-tend est devenue un véritable impérialisme des esprits. La critiquer et donc ne pas s’y soumettre, c’est, depuis très longtemps, s’exposer aux pires ennuis. On appelle cela la bien-pensance mieux, la pensée unique. On n’ose plus s’exprimer de peur de se retrouver au tribunal. Ce qui fait que des partis politiques comme le RN ou même Reconquête, plus extrémiste, prennent des gants pour avancer leurs arguments. Combien de fois Eric Zemmour a t-il été convoqué devant la 17e chambre ? On sait que la chaîne de télévision CNews est dans le viseur de l’Arcom. Là encore finalement, on retrouve ce besoin de détruire celui qu’on considère comme un adversaire et le rêve de l’anéantir.
Français ! Vous êtes foutus également par le fait que le système politique aujourd’hui et dont la philosophie se rattache en ligne droite à la Révolution française est dans l’incapacité totale de susciter un sursaut salvateur. Il est en effet de nature beaucoup trop faible, ne serait-ce que par ses divisions en partis, pour répondre à l’ampleur du problème. Beaucoup attendent avec empressement les élections de mai 2027 comme une libération de la pensée unique permettant une lutte ferme contre l’islamisation de la France, sa mainmise par le mondialisme, son combat contre les trafics de drogues et tous les autres grands problèmes de notre société. C’est oublier l’amenuisement phénoménal des esprits que j’ai évoqué plus haut. Supposons que Marine Le Pen devienne présidente de la République. Le voyou Mélenchon lui prédit un bordel pas possible dans toute la France. Aura t-elle le courage d’y faire face comme Clemenceau avait fait face aux mouvements ouvriers ? Osera t-elle dire elle aussi : « Messieurs, nous sommes derrière des barricades ; moi, je suis du côté de la rue ».
Certains, désespérés après tout ce que je viens d’écrire, diront : « Mais il y a l’armée. Cela a trop duré. Elle va faire un coup d’Etat c’est certain car elle au moins, elle aime la France ! ». Tu parles ! Si c’était vrai, il y a belle lurette qu’elle l’aurait fait son coup d’Etat. Il est loin, très loin le putsch des généraux à Alger le 21 avril 1961. Le général Raoul Salan avait dit : « Le combat ne fait que commencer. L’Algérie française n’est pas morte ». Quel général aujourd’hui aurait-il le courage de dire : « Le combat ne fait que commencer. La France n’est pas encore morte » ? Qu’est-ce qu’elle a fait l’armée lors des émeutes urbaines de l’été 2023 qui ont duré 8 jours causant des destructions et des pillages d’une ampleur inédite suite à la mort de la racaille Nahel ? Elle n’est bonne qu’à défiler sur les Champs-Elysées le 14 juillet et à écrire avec le plus grand des respect des lettres au pouvoir politique comme cette « Tribune des généraux » en date du 21 avril 2021. Elle y disait : « L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent ». C’était il y a plus de 5 ans et j’affirme que depuis, les dangers mortels se sont lourdement aggravés. L’armée ? Elle fait son gros dodo !
Croyez que je suis désolé de vous dire tout cela et que cela me lamente car cette foutue mère qui m’a jeté, je l’aime malgré tout. Je l’ai dans ma chair et dans mon âme. Je suis de la Loire, de Saumur, là où en 1940, des jeunes de 18 ans ont résisté aux Allemands. Alors qu’on n’ose pas mettre mon attachement à mon pays en doute ! J’aurais pu également parler de l’action nuisible de l’Europe. L’Europe est entre les mains d’une clique similaire à celle qui tient la France. Et puis ENFIN, il y a le camp des patriotes. En bons français qu’ils sont, ils se déchirent, envoûtés eux aussi par la force d’attraction du vide. De toute façon, je l’ai dit il y a quelques instants, ils ont contre eux, la petitesse du système politique dont ils font partie alors … Reste le Peuple. J’ai dit plus haut dans quel marasme il avait été plongé. Bref, je le redis, il est victime d’une inhibition psychomotrice générale due à l’impérialisme de la bien-pensance et aux excès de la surconsommation. C’est comme ça. Aussi, cher compatriotes, dire que vous êtes foutus, ce n’est pas, loin s’en faut, de la résignation, c’est simplement l’observation aiguë de la réalité. Bien sûr que j’aimerais un sursaut ! Après tout, comme on dit : « Tout a une fin ! ». La mort est inéluctable et les Français pour l’heure… sont donc dans l’ordre des choses.
Philippe ARNON