Vous reprendrez bien une taxe sur les billets SNCF !!!..

 À ta santé, Nicolas ! Pour rénover les voies. Celui qui la suggère est formel : elle serait dérisoire et provisoire ! (On y croit…)

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste
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On connaissait les aventures du Petit Nicolas, voici les (més)aventures du Gros Nicolas(-comme-devant). « Gros », il faut le dire vite, car en réalité, la vache à lait est exsangue. Dernière idée lumineuse ? Une taxe sur chaque billet de train pour rénover les voies. C’est ce qu’a proposé un expert de la conférence « Ambition France Transports » lancée en mai dernier par François Bayrou. Elle permettrait de rapporter 800 millions d’euros, à raison d'« un euro par billet sur les TGV, Intercités et les trains régionaux ». Cette « contribution à la rénovation des voies » serait temporaire. Mais bien sûr, on connaît le sort des impôts réputés provisoires au montant dérisoire : une fois que le principe est acté et la pilule avalée, il suffit de déplacer le curseur vers le haut. Rappelons que les péages ferroviaires français - censés financer l’état des rails - sont les plus chers d’Europe et représentent jusqu’à 40 % du prix d’un billet. Il se trouve que ledit prix - opaque, fluctuant, soumis à l’algorithme du yield management - a augmenté de 1,5 %, début 2025, après une hausse de 2,6 % en 2024 et de 5 % en 2023… pour un service qui se dégrade à vue d’œil : moins de train, en particulier le soir (quasi-impossibilité de réserver à la dernière minute), maillage territorial défaillant.

Gaïa plutôt que Nicolas

La SNCF est une société anonyme dont l’État est l’unique actionnaire. À ce titre, elle reste - et revendique être - une entreprise publique avec une mission de service public.

En cette matière comme dans tant d’autres, les Français ont vocation à payer toujours plus, pour un service toujours moindre.

Sur son site, à l’onglet « Découvrir le groupe », la SNCF s’engage sur un objectif chiffré écologique : « Nous diminuerons de 26 % nos émissions de CO2 à l’horizon 2030 », mais pas le moins du monde sur une baisse des prix ou une meilleure desserte du pays, et notamment de sa diagonale du vide. Au service de Gaïa, mais surtout pas de Nicolas. Il n’est pas certain que le gouvernement emboîte le pas de cet « expert » et agrée cette taxe hautement inflammable. Reste qu’elle est sur la table.

Ces tarifs prohibitifs visent-ils à inciter les Français à reprendre leur voiture ? Certainement pas. De ce côté-là, c’est matraquage à tous les étages. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône vient, par exemple, d’annoncer l'arrivée de voitures radars dans le département. Circulant incognito, déjouant les Coyote et les appels de phare complices, elles verbalisent à tout-va.

Il existe aussi un autre type de sulfateuses à PV, bêtes noires des automobilistes en ville. Équipées d’un logiciel de lecture automatique des plaques d’immatriculation (LAPI), elles sillonnent les rues payantes des grandes villes et font de l’abattage : elles seraient capables de contrôler environ 1.500 plaques par heure… Depuis huit ans environ, Paris, Bordeaux, Marseille, Metz, Nancy, Rouen ou encore Strasbourg ont fait appel à des sociétés privées pour sous-traiter cette manne pour la municipalité. Dès l’été prochain, une voiture du même type devrait circuler dans la ville de l’ineffable Édouard Philippe, et les commerçants grincent déjà des dents. Il faut dire que cette verbalisation est stakhanoviste et déshumanisée : pas de place au subjectif. Exit les pervenches plus ou moins aimables, mais dotées d’un cœur et d’un cerveau, capables de comprendre les raisons impératives d’un arrêt momentané ou de tolérer cinq minutes de « warning » pour récupérer un enfant avec une jambe dans le plâtre ou une personne âgée.

Implacables, on vous dit !

Tout cela est terminé.
À présent, les pouvoirs publics sont « implacables ». Comme on attendrait qu’ils le soient avec les délinquants. C’est d’ailleurs une Justice « implacable » avec les émeutiers en marge du match du PSG qu’avait promise Emmanuel Macron. Mais lorsque mardi, dans le Nord, il a poussé un coup de gueule, ce n’était pas pour s’étonner des peines très légères dont avaient écopé les premiers condamnés passés en comparution immédiate, mais pour s’indigner qu’en matière d’écologie - de suppression des ZFE en réintroduction, à titre dérogatoire, d’un insecticide néonicotinoïde -, on rétropédale : « Faut pas revenir en arrière, faut pas détricoter ça ! » Et le détricotage d’un pays tout entier, jusqu’au bout de la pelote et dans tous les registres, qui pour en parler ?

Il y a eu autrefois des jacqueries, gare aux « nicoleries » !

1 commentaire:

  1. on peut s' attendre à voir arriver un tas de taxes nouvelles, ou d' augmentation de celles qui existent déjà, et en face, tu as le conseil constitutionnel qui prétend qu' on n' a pas le droit de baisser les salaires des présidents et ministres

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