
Monsieur le ministre de la Justice,
En tant que citoyen français et directeur de la rédaction de France-Soir, je suis outré par l'impunité réservée aux élites. Je vous interpelle ici publiquement sur les Epstein Files. Ces documents déclassifiés exposent un réseau mondial d'abus sexuels sur mineurs, de prostitution et de chantage. Trop souvent et depuis trop longtemps, ces faits ont été rangés de manière complaisante au rang des « thèses complotistes », par des fact checkers aux financements, motivations et liens d’intérêt opaques. Mais, aujourd'hui, ces faits se révèlent être des faits concrets, corroborés par des e-mails, des listes et des témoignages.

Voici donc ma question principale : si un tel réseau existe, pourquoi la justice française ne s'intéresse-t-elle pas aux influences étrangères possibles sur des citoyens français ?
Des personnalités qui, depuis des années, semblent impliquées sans l'avoir déclaré. En effet, ces silences complices érodent la confiance des citoyens envers la justice française et renforcent la perception d'une corruption systémique.
Exemples précis issus des Epstein Files
Permettez-moi de citer des cas concrets pour illustrer mes interrogations.
Commençons par Jack Lang. Mentionné dans le « black book » d'Epstein, il a reçu une donation de plus de 57 000 dollars en 2018. Des notes officielles évoquent sa participation à de nombreuses soirées. Ces notes figurent dans les carnets d'Yves Bertrand, directeur des renseignements généraux à l'époque, et accusent Jack Lang d'abus sur mineurs à Marrakech. Voici la page qui en fait état (1).
Pourquoi aucune enquête n'a été ouverte sur ces allégations récurrentes, ou pourquoi celles ouvertes n’ont-elles pas abouti ? Verra-t-on enfin des perquisitions ou des auditions ? Ces pratiques semblent être la suite d'une époque où Jack Lang symbolisait déjà des dérives morales. Et, en 2026, au niveau politique, nous en sommes arrivés à l'époque des soirées chemsex qui pullulent partout. Le sénateur Joël Guerriau, récemment reconnu coupable d'avoir drogué une députée à l'ecstasy pour obtenir des faveurs sexuelles, illustre une dérive qui apparaît de plus en plus généralisée. Ces personnes publiques ne montrent pas l’exemple. Bien au contraire ! Elles donnent plutôt « envie de vomir », m’explique un avocat. Est-ce cela la « République des Mignons » où le pouvoir s'entoure de favoris trop jeunes, trop fidèles, trop protégés ? Ou comment ces courtisans, hommes et femmes, gravissent les échelons via la séduction et une loyauté aveugle, au détriment du mérite et de la morale publique ?

Poursuivons avec Rachida Dati. Des e-mails révèlent qu'Olivier Colom (ex-conseiller présidentiel lié aux Rothschild) informe Epstein de Dati flirtant avec lui et Terje Rød-Larsen lors d'événements. Cela suggère des liens intimes dans un cercle compromis. Pourquoi ignorer ces connexions qui pourraient indiquer du chantage ou des influences ? Rachida Dati, opportuniste notoire, a troqué la confiance envers ses anciens alliés pour un maroquin de ministre en 2024, auprès d'Emmanuel Macron – le ministère de la Culture, plus exactement. Et elle y demeure maintenue malgré un procès imminent pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault-Nissan (900 000 euros pour des conseils fictifs). N'est-ce pas l'incarnation d’ « opportunistes » prêts à tout « pour un flirt avec le pouvoir » ?

Passons maintenant à Cédric Villani, ex-président de l'OPECST, dont le nom circule dans des échanges mails avec Epstein. Comment alors maintenir une ligne impartiale sur des sujets comme les effets secondaires des vaccins ? Qu'a-t-il été omis ou édulcoré dans les rapports de l'OPECST, ne rendant pas publics certains témoignages (Vincent Pavan, Emmanuelle Darles et Christine Cotton) ? Pour quels intérêts ? Ceux des labos, des politiques compromis ou d'administratifs capturés ? Ces systèmes de capture du pouvoir décisionnel, où des élites potentiellement vulnérables au chantage influencent les politiques publiques au détriment des citoyens, ne méritent-ils pas une enquête approfondie ? Évidemment, oui !
Et ceci d'autant plus qu’Emmanuel Macron y figure également. Certes, avec des liens indirects via des donateurs et des réseaux élitistes émergents dans des rumeurs persistantes. Pourquoi ne pas examiner si ces connexions ont influencé des décisions présidentielles, potentiellement via des influences ou chantage étranger ? On est éminemment en droit de se poser la question, et je vous saurai gré d'y apporter une réponse argumentée.
N’oublions pas Bruno Le Maire. ministre de l'Économie et des Finances à l'époque, apparaît aussi dans les Epstein Files. Son nom circule dans des théories sur des soirées ou des contacts « épsteiniens ». S'il est effectivement impliqué, il est hautement possible que la politique économique de la France s'en soit trouvée influencée. Auquel cas, quelles influences étrangères pourraient avoir été exercées sans déclaration ? Bruno Le Maire, incarnant l’opportunisme même pour avoir rallié Macron en 2017 malgré ses racines à droite et avoir déclaré à son sujet « C'est une coquille vide », est le principal responsable de l'explosion de la dette publique de plus de 1 000 milliards d'euros. En outre, il a menti sous serment à l'Assemblée en 2024 sur un déficit de 4,9 %, alors qu'une lettre secrète à Macron alertait sur 5,5 %. N'est-ce pas là la preuve manifeste d'une élite qui se protège mutuellement ?

N’oublions pas non plus Pierre Moscovici. L'ancien commissaire européen et président de la Cour des comptes jusqu'au 31 décembre 2025 est mentionné dans ces listes. Pourquoi ne pas enquêter sur d'éventuels conflits d'intérêt au niveau européen, surtout si des influences via Epstein ont été tues ?
Quant à Jean-Luc Brunel, son suicide en 2022 n'a pas clos l'affaire. Loin s'en faut ! Ce Français, recruteur pour Epstein, est accusé d'avoir fourni des mineures. Les Epstein Files le confirment comme coconspirateur. Dès lors, pourquoi ne pas ordonner une réouverture pour traquer d'autres complices français ? Là encore, la question est on ne peut davantage légitime et n’exige-t-elle pas, de votre part, une réponse argumentée ?
À cet égard, ajoutons qu'il existe des preuves concrètes de tout cela, comme l'e-mail de 2014 (document EFTA01918774.pdf). Dans cet document, un recruteur, Daniel Siad, détaille pour Epstein des paiements de 2 700 euros pour faire venir des filles de 15-17 ans (dont une Française de 15 ans) à Paris et à Saint-Tropez, sous couvert de mannequinat, pour des « parties non-stop ». Ces actes répréhensibles touchent des victimes potentielles françaises.

Allégations personnelles et impartialité
Enfin, comment doit-on prendre en considération que vous-même, monsieur Darmanin, avez été accusé d'abus sexuels dans deux affaires – une plainte pour viol en 2009 et une autre en 2015-2016 (où une plaignante, Sarah, témoigne d'avoir été contrainte à une fellation et à des relations sexuelles en échange d'assistance sur un dossier de logement, avec échanges de photos coquines) ? Excusez-moi de devoir vous le dire : tout cela sent davantage le copinage élitiste que l'équité, l'indépendance de la justice et l'obligation qu'elle a de concourir à la manifestation de la vérité autant que faire se peut.
Revenons toutefois à l'essentiel : les révélations livrées à la justice française par les Epstein Files. La justice française va-t-elle enfin agir en toute impartialité ? Et les éléments factuels dont j'ai fait état plus haut devant être pris en considération, vous qui êtes en charge de la politique pénale, allez-vous vous déporter ou allez-vous continuer à dicter une politique pénale qui protège ceux qui, depuis mai 2017, sont devenus vos alliés politiques ? Les protéger en lieu et place de servir la France et les Français ?

Par ailleurs, des scandales similaires éclaboussent Israël, où des survivants révèlent des rituels sexuels impliquant des législateurs, rappelant par là les « attrapes mouches » d'Epstein. En conséquence, pourquoi la France ignore t-elle ces réseaux transnationaux qui pourraient compromettre fortement nos élites ?
Liens avec d'autres scandales et perte de confiance
Monsieur le Ministre, ceci n’est-il pas un dernier test pour la justice française ?
Rappelons l'affaire d'Outreau Dans ce scandale retentissant, des enfants victimes d'abus sexuels n'ont pas reçu justice. Leurs accusations, d'abord relevées en première instance, ont ensuite été balayées en appel. Ces enfants ont été broyés, au principal par l'entremise d'un avocat qui ensuite a été nommé ministre de la Justice (fut-ce une récompense pour ce fait d'armes partisan ?). L'avocat en question les a harcelés. Il leur a hurlé dessus durant neuf heures lors du procès en appel, afin que les malheureux bambins, totalement effrayés, déboussolés, à bout, reviennent sur leurs déclarations ; à savoir au terme d'une torture psychologique que le président de la Cour d'assises a autorisée, et à laquelle le représentant du parquet qui y officiait ne s'est pas opposé.

Et, donc, vous avez succédé à cet avocat à la Chancellerie. Comment restaurer la confiance quand la justice semble servir les puissants ?
La question de la confiance est pourtant primordiale
Fondamentale, même ! Et, cela dépasse largement le cadre de la justice. Cela affecte l'entièreté de la démocratie participative. Le système politique qui nous est imposé 70 ans après sa création, et donc à des citoyens français qui, dans leur immense majorité, n'ont pas consenti expressément à ce système politique : mineurs ou pas encore nés qu'ils étaient le 3 octobre 1958, ils n'ont pas pu participer au référendum qui s'est tenu à cette date et qui a conduit à l'adoption de la loi constitutionnelle qui a validé ce système politique, à savoir la Constitution du 4 octobre 1958. La technologie moderne, informatique, permet pourtant de passer à une démocratie directe. Mais de cela, diantre non ! Les politiciens français n'en veulent pas. Ont-ils plus à perdre (leur gagne-pain et leurs privilèges) qu'à respecter les électeurs ?
Comment les citoyens peuvent-ils encore vouloir participer à des élections quand on voit le vrai visage des politiciens de divers partis politiques de tous horizons : opportunistes, corrompus, impliqués dans des scandales sexuels et financiers ? Car malheureusement, c'est bel et bien leur vrai visage. Les politiciens se protègent mutuellement; ils se votent des augmentations de salaires et des pensions exorbitantes; ils dilapident l'argent public pendant que les citoyens paient l'addition. Et, les politiciens imposent aux citoyens des interdits et des obligations dont ils s'affranchissent, ou, comme lors de la crise sanitaire, via des textes de loi dans lesquels les politiciens font figurer qu'eux-mêmes ne sont pas soumis à ces interdits et obligations.
Sans action immédiate sur les Epstein Files, cette perte de confiance deviendra irréversible, et la « République des Mignons » s'effondrera sous le poids de ses propres abus.
Avez-vous contacté votre homologue américain, secrétaire d'État à la Justice, avant les déclassifications, pour anticiper ? Ou avez-vous opté pour un rôle attentiste, laissant les scandales éclater sans protection pour les citoyens ?
La justice est attendue : ouvrez des enquêtes sur ces personnalités, examinez les influences étrangères et les conflits d'intérêt.
Car attention ! Les Français perçoivent une corruption systémique : selon un sondage MIS Group pour France-Soir/BonSens.org (novembre 2025), 71 % jugent Macron un « mauvais président », 74 % n'ont pas confiance au gouvernement, et 59 % croient que la justice sert le pouvoir politique. 64 % remettent en cause l'objectivité des médias, et 51 % sont perméables aux théories du complot – un cercle vicieux de défiance que ces files aggravent.

Et d'ailleurs, dans ces conditions, comment s'assurer que de telles forces n'ont pas affecté les élections de 2017 et/ou de 2022 ? Des réseaux comme celui d'Epstein, avec chantage et influences, pourraient avoir manipulé des acteurs clés.
La question se pose, et donc je me permets de vous la poser : que fera la justice française dans l'affaire Epstein ?
Certains appellent déjà des actions comme LFI, qui a d'ores et déjà demandé une commission d'enquête. Laure Beccuau, procureure de la République, semble avoir retrouvé la voix avec un communiqué de presse expliquant une perquisition chez X France : hier, le 3 février 2026, la police française a perquisitionné les bureaux de X à Paris. Madame Beccuau semble plus prompte à interpeller X et son actionnaire Musk, que pour Alexis Kohler (qui ne s’est pas rendu à la convocation d’une commission parlementaire, un affront à la transparence couplé de partis pris dans le cadre de l’affaire Nestlé Waters). Selon des sources comme CNN et l'AP, la perquisition chez X vise à collecter des preuves sur la modération algorithmique et l'extraction frauduleuse de données. Musk a réagi publiquement en évoquant une interférence politique qui s'inscrit dans un bras de fer croissant entre l'UE/France et X sur la régulation.

Au-delà d’une enquête complète et sérieuse, des décisions concrètes et des actes s’imposent. À moins bien sûr que vous préfériez que cela se finisse par une marche blanche, comme dans l'affaire Dutroux, qui a rassemblé en un mouvement spectaculaire, plusieurs centaines de milliers de personnes en Belgique en 1996
La morale, la justice et l'équité exigent des actes concrets.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma considération.
Xavier Azalbert
Retrouvez le résumé vidéo de la lettre ouverte :
1) Cette page des carnets d'Yves Bertrand est extraite de la copie numérique faite par la justice française dans le cadre d'une procédure judiciaire (parquet c/ Jean-Christophe Mitterrand), où la version originelle des carnets d'Yves Bertrand est une des pièces du dossier. France-Soir a pu la consulter et son authenticité ne semble faire aucun doute.

Les plus grands perverses sont à gauche, et on sait que laz justice penche à gauche !
RépondreSupprimerUn panier de crabes dont ils ont peur de soulever le couvercle !