Dans son optimisme délirant, François Bayrou observe son gouvernement comme un « collectif d’expérience » avec des personnalités de « premier plan » et de « caractère », dont deux anciens Premier ministres. Il estime que « son Gouvernement du futur » peut « réconcilier et renouer la confiance avec tous les Français ». Il pense qu’il peut affronter l’épreuve du temps et éviter une autre censure au nom de « l’intérêt général ».
Nous voyons bien que l’hôte de Matignon s’accroche aux formules et aux éléments de langage.
Nous ne connaîtrons le projet politique pour la France de François Bayrou que le 14 janvier prochain.
Qui peut croire que François Bayrou pourra réconcilier des gens comme Madame Rima Hassan qui appelle à « la révolution » et à la « prise de l’Elysée », après avoir soutenu un individu radicalisé qui avait appelé à la « charia » dans tout le pays ?
Qui peut croire que le Premier ministre pourra remettre dans les rangs de la République tous ceux qui, dans les banlieues, ne veulent surtout pas y entrer au nom du coran ?
Qui peut croire dans la cohérence de ce Gouvernement quand Juliette Méadel, nouvelle Ministre de la ville, considère que sa « ligne rouge, c’est la préférence nationale » quand, justement, il faut y venir de toute urgence ?
Les Français voient plutôt ce Gouvernement du « passé recomposé » comme celui du « recyclage » avec des Ministres « sortants, survivants et restants » ainsi que des Ministres « revenants » qui vont devoir faire face aux urgences vitales et à des défis gigantesques. Ils voient des Ministres qui ont échoué dans la gouvernance du pays et qui ont perdu des élections. Ils voient des charges idéologiques contradictoires dans un même collectif qui comprend six Ministres issus du camp des Républicains, contre dix dans le Gouvernement Barnier, trois Ministres en provenance des rangs de François Hollande ainsi que des Ministres survivant du macronisme.
Retenons que des Ministres de gauche sont à l’Education, à l’Economie, aux finances, à la souveraineté industrielle, aux territoires, à la transition écologique, à la politique de la ville, à la Francophonie et aux Outremers.
Les Français y voient une espérance de « cohérence » qui reste à concrétiser entre les chaînes pénale et sécuritaire : celle du binôme Darmanin/Retailleau. Le premier dispose de l’expérience de son ancien portefeuille de Ministre de l’intérieur, quand le second incarne, depuis septembre dernier, « l’autorité, la fermeté et l’ordre ». La grande question pour tous, et pour la France, est de savoir si du côté de la place Vendôme et de Beauvau on parlera le même langage sur les mêmes objectifs. François Bayrou, trois fois candidat à la présidentielle, aura-t-il le courage de leur donner des marges de manœuvre pour exécuter les politiques pénale et sécuritaire dont le pays a plus que jamais besoin ?
Les Français espèrent retrouver leur sécurité perdue. Ils espèrent le retour des peines plancher. Ils veulent que les coupables de viols, de trafics, les délinquants, les émeutiers, les criminels et les terroristes soient tous recherchés, poursuivis, jugés, condamnés sévèrement et incarcérés rapidement. Ils souhaitent que les clandestins sous OQTF soient tous renvoyés dans leur pays d’origine. Ils veulent la fin du droit du sol, la fin du regroupement familial et l’arrêt de l’aide médicale d’Etat pour mettre un terme à une immigration massive, subie et non assimilable. Et ils espèrent pouvoir sortir dans la rue sans crainte.
La réalité est que l’exécutif bicéphale a été dévitalisé par la dissolution de juin dernier puis fragilisé par la dernière censure. Faute de majorité dans une situations politique et budgétaire très tendue, ce 46ème Gouvernement de la 5ème République n’a pas d’autre horizon que celui du « point mort », du mécontentement permanent, de la vulnérabilité, du renversement et de la chute.
La prochaine perspective électorale se situe en septembre 2025, avec une nouvelle dissolution possible de l’Assemblée nationale.
Sauf si Emmanuel Macron, qui joue ici sa dernière carte, décide de la plus noble des options démocratiques : sa démission.
Nota : ce Gouvernement comprend 18 femmes et 17 hommes. Elisabeth Borne et Manuel Valls ont eu recours 29 fois à l’article 49-3. Le nouveau Ministre des transports a découvert sa nomination en regardant la télévision.

35 ministres: rémunération, 35 voitures avec chauffeur, agents de sécurité !
RépondreSupprimerJe croyais la France en faillite !
Pas pour tout le monde
c' est en effet Macron qui est derrière ces nominations !
RépondreSupprimerDéjà les deux champions du 49 /3 !
Et donc j' ai un peu de mal à croire que c' est Bayrou qui avait forcé la main du roquet