La séquence qui a suivi le lynchage à mort du jeune Quentin Durenque est à la fois sidérante et éclairante.
Sidérante par cette formidable collusion des grands médias pour tenter de cacher au grand public la réalité des faits et leur imposer un récit mensonger mais conforme aux intérêts conjoints de l’extrême centre et de LFI.
Pour ce faire, tous les coups furent permis en totale immoralité, en violation de toute éthique et déontologie !
En toute inversion victimaire, le jeune homme lynché par une horde de sauvage fut dépeint comme un militant d’extrême droite radical que certains ont qualifié de néo-nazi !
Les médias et particulièrement BFM TV n’ont vu dans les participants à la marche que des groupuscules d’ultra droite faisant le salut nazi et insultant les noirs !
A ce sujet, je me pose la question suivante :
Sonia Mabrouk n’a t-elle pas d’états d’âme en rejoignant la chaine d’infos BFM TV qui vient de pratiquer ce qu’elle dénonçait avec tant de véhémence et de conviction sur CNews, il y a seulement quelques jours ?
Eclairante puisqu’elle nous donne un avant-goût – terriblement amer – de la violence qui va certainement s’installer à l’occasion des présidentielles de 2027 :
- Durant la campagne électorale avec des violences dans les meeting du RN,
- Entre les deux tours où les médias invoqueront les heures les plus sombres des années 30, et appelleront à rejeter la bête immonde.
- Et pendant 5 ans si jamais le RN gagne malgré tout.
Mais d’où vient cette violence ?
Qu’est-ce qui motive ces jeunes à rejoindre ces mouvements aussi violents ?
Comment des jeunes, souvent de milieux favorisés, deviennent-ils des barbares en frappant un jeune à terre, à coups de pied dans la tête ?
C’est la question à laquelle Mathieu Bock-Côté tente de répondre dans sa chronique du dernier JDNews :
Psychologie des antifas
On ne lit plus beaucoup Roger Caillois. Son nom dit vaguement quelque chose à ceux qui se passionnent pour l’histoire intellectuelle française du XXe siècle, au mieux. Hélas. Car son œuvre permet d’éclairer l’arrière-fond psychique de nos sociétés, et plus particulièrement des sociétés démocratiques.
Je pense ici à un petit livre paru en 1964, Instincts et société. La société démocratique, disait-il, repose sur une neutralisation programmée des passions, notamment des passions politiques. Elle aime l’homme ordinaire et fait confiance à son jugement, qu’elle nomme bon sens, ou sens commun. C’est tout à son honneur.
Elle a un préjugé favorable pour le centre, non pas au sens idéologique, mais dans la valorisation des vertus d’équilibre, dans la sacralisation de la modération, qui a pour conséquence, toutefois, un amollissement existentiel, un consentement à la médiocrité. Surtout, cette société ne sait pas répondre à ceux qui rêvent d’une existence transfigurée, sous le signe de l’héroïsme ascétique et de se consumer pour une cause qui les dépasse. Une société bien construite sait canaliser de telles passions dans des institutions qui cultivent de telles vertus. Ce n’est plus vraiment le cas des sociétés occidentales actuelles.
C’est ici que Caillois nous permet de comprendre les milices antifas, avec sa réflexion sur ce qu’il appelait les « sectes ». Dans le monde du confort ventru, les sectes offrent une canalisation à ceux qui rêvent d’une existence en marge de la société, dans une communauté fusionnelle, fondée sur une aristocratie militante où les uns et les autres sont invités à aller jusqu’au bout de leurs idées, jusqu’à l’affrontement physique, même, qui sera fétichisé, jusqu’à l’immolation symbolique aussi. Elles romantisent l’existence et promettent un destin loin du confort tiède des jours ordinaires.
Est-ce que je fais ici l’éloge des antifas ? Absolument pas !
J’essaie simplement de comprendre ce qui attire de jeunes hommes dans ces milices. Je suggère qu’une société avec plus de finesse psychologique saurait offrir un débouché créateur à ceux qui ont soif d’absolu et qui désirent sans le dire ainsi une vie plus brève mais plus intense. Il pourrait y avoir un idéalisme patriote, civilisationnel, célébrant l’enracinement. Les hommes au « cœur rebelle » pourraient s’y retrouver. Il existe, d’ailleurs. N’était-ce pas le cas de la jeunesse identitaire, que le régime maudit, déteste et conspue, mais qui témoigne, avec ses excès, d’un véritable sursaut vital ? Inversement, les antifas sont les miliciens de l’oligarchie, mais tel n’est pas ici mon propos.
Quoi qu’il en soit, les antifas, quant à eux, sont directement portés par les pulsions mortifères. Les antifas ne viennent pas que d’un seul milieu. Les enfants de la haute société fanatisés qui s’y engagent en France ne ressemblent pas aux éclopés sociaux qui entrent souvent dans leurs rangs en Amérique du Nord. On pense en voyant ces derniers à Batman : the Dark Knight Rises où sont mis en scène des hommes qui rêvent simplement de voir le monde brûler, car une société est toujours hantée par ce que Caillois appelait le vertige de l’anéantissement.
Mais dans les deux cas, l’idéologie devient la structure de l’existence, celle qui justifie tous les sacrifices. Et puisque la violence est mise au service d’une conception falsifiée du bien, elle accorde à celui qui s’y voue le droit de tout faire, même un sentiment de toute-puissance. La violence devient même la vérité suprême, la marque d’une existence authentique. Mais un jour, à Lyon, un homme meurt, sauvagement lynché, et on découvre que la secte peut conduire au meurtre. Ses membres deviennent monstrueux en riant de ce massacre. Seuls les membres de la secte sont vraiment humains.
La fraternité militante est belle, sa dégénérescence antifa atroce. Relisant Caillois, je me dis que nos sociétés comprennent bien mal la pulsion sacrificielle qui peut les féconder et pour cela, la voient se retourner contre elles.
Mathieu Bock-Côté pour le JDNews?


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