Par; Pieds Noirs 9A ..
Archive de 2016 mais d'actualité.

« Je croyais qu’il avait eu un accident de tracteur. » Christiane Simon répète cette phrase souvent. Son mari, Jean-Christophe, venait d’avoir 50 ans. Il a décidé d’en finir avec la vie. Sa vie d’agriculteur, « il l’avait choisie. Enfant d’agriculteur, c’était un sillon tout tracé. »
Christiane a besoin de raconter. Son mari s’est donné la mort la semaine dernière. « Je n’ai rien vu venir », affirme-t-elle. Leur vie, ils l’ont passée à travailler.
Lorsqu’ils se sont mariés, le 31 décembre 1996, ils étaient pleins d’énergie, d’envies et de projets. « Avoir notre exploitation, c’était une évidence. » Avec son mari, ils ont acquis la ferme, à Mecé, entre Fougères et Vitré, où leur vie a basculé. « Ça a toujours été difficile. Mais dans ce métier nous sommes habitués à travailler dur. »
Les dettes s’accumulent
Cette femme dynamique est debout à 4 h pour livrer les journaux. « Ça nous aide à vivre », car les dettes s’accumulent et l’argent ne rentre pas. Ensuite, elle « s’occupe des veaux et revient pour prendre un petit-déjeuner ». Il est 7 h, elle a déjà bien avancé sa journée quand d’autres se lèvent. Jean-Christophe pendant ce temps, s’affaire autour des vaches. « Cela fait bien longtemps que nous n’avions pas mangé ensemble. »
Leur vie était ainsi. Tous les jours dans la même galère, mais jamais ensemble. « Jean-Christophe c’était la bonté même, toujours prêt à donner un coup de main. Trop peut-être. » À tout moment il pouvait partir aider un voisin, un ami. « Une vache qui vêle, un tracteur en panne. Il répondait toujours présent. »
Cet été, il avait prêté un terrain à des jeunes pour faire une « rave ». Adrien et Lucile se souviennent. « Il nous a dit : je n’aime pas votre musique, mais j’aime les jeunes. » Il a aidé à l’organisation et fait la fête toute la nuit avec eux. Christiane confirme : « Il était heureux. »
Dans la pièce de vie de la ferme, l’agricultrice se tient droite au bout de la table. « C’est ma place, je ne sais pas pourquoi. » Proche du fourneau peut-être. Son regard se dirige souvent vers la droite « sa place » à lui. Celle de Jean-Christophe.
Depuis quelques mois, il avait lâché prise. « Il n’ouvrait plus les lettres. C’est lui qui s’occupait des papiers habituellement. » Parfois elle le lui faisait remarquer, alors « il s’emportait contre les quotas laitiers ». Christiane se taisait.
La cantine, une autre vie
Puisque tout était noir, elle a cherché du travail ailleurs. « À la cuisine d’une école à Fougères. Un vrai coup de pouce. Et une autre vie. » Un mi-temps en remplacement. « Jean-Christophe n’était pas content. Il avait peur de ne plus me voir. Mais de toute façon on n’était jamais ensemble. »
Alors le jour où c’est arrivé, « je n’avais pas imaginé, confie-t-elle. J’avais les journaux, la cantine, les veaux… Je croyais qu’il était parti aider quelqu’un. » Jean-Christophe était imprévisible.
Vers minuit, Christiane ne sent pas son mari dans le lit. « J’étais inquiète. Je pensais qu’il avait eu un accident. »
Un homme extrêmement apprécié
Au petit matin, Maurice Beaugendre, le maire vient à la ferme. Il trouve Jean-Christophe. « C’était un ami, un homme extrêmement apprécié dans la commune. Depuis quelque temps il était découragé. »
Lorsqu’à la cantine, son téléphone sonne, Christiane comprend que son mari n’a pas eu d’accident avec son tracteur. « Aujourd’hui, je dois accepter. Je veux changer de vie. Vendre la ferme et travailler ailleurs. Peut-être à l’école. Il faut continuer. » Elle ira aussi à la danse country, son « seul bol d’air » depuis neuf ans.
Pierrot, Angélique, les voisins, les amis sont là. « Il faut bien faire tourner la ferme. Les vaches ne s’arrêtent pas. » Jean-Christophe avait été si serviable que le retour est naturel. « Et on ne peut pas lâcher Christiane. »
Dans ce village, cet élan de générosité coule de source. Des jeunes, Adrien et ses amis ont lancé une cagnotte participative pour l’aider à payer les frais des obsèques. « Jean-Christophe nous a fait confiance. C’était comme un père. Nous devons aider sa femme. »
Christiane veut « se projeter ». Derrière ses lunettes rouges le regard est embué « c’était pas toujours facile, mais je l’aimais… »
Cagnotte participative : leetchi.com/c/obseques-de-jean-christophe-simon, le titre est Solidarités pour la femme d’un fermier en or.

Quand on pense qu' on donne plus qu'on ne reçoit à Bruxelles, on se dit qu'on s' en sortait bien mieux avant l' UE !
RépondreSupprimerLa volonté est de tuer toutes nos productions
Et bien moi, je préfèrerait qu'on loge et nourisse NOS sdf... nous en avons des dizaines de milliers, qui ont été lourdés, arrivés en fin de droits, il ne pouvaient plus payer leurs loyers... Ils me serrent le coeur...
RépondreSupprimerTandis que les migrants, qui viennent volontairement chez nous, je ne les plains pas : Qu'ils retournent chez eux et qu'ils arrêtent de se reproduire comme des bêtes. Faudrait les stériliser...