Le maire Estrosi est refoulé par les fidèles....

Posté par :Pieds Noirs 9A..

Nice : au grand désespoir d’Estrosi, l’Aïd n’est pas une scène électorale..

vendredi 20 mars 2026

À quarante–huit heures du second tour, Christian Estrosi, candidat sortant à la mairie de Nice, se présente à la prière de l’Aïd. Costume impeccable, sourire carnassier, main tendue. Le décor est celui du recueillement, du partage, de la fin du jeûne. Mais l’instant déraille. L’accueil n’a rien de protocolaire.

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Il est froid. Et, très vite, le refus s’impose. Le maire est refoulé par les fidèles.

Les élections municipales font parfois jouer de renversants tours à ses candidats. Ce qui aurait pu n’être qu’un épisode anecdotique prend une autre dimension. Car derrière ce geste, il y a une mémoire. Une mémoire récente, encore brûlante. Celle des prises de position de M. Estrosi sur la guerre à Gaza, du soutien public affiché à Israël, du drapeau israélien hissé sur la façade de la mairie au moment où les images d’enfants sous les bombes traversaient les écrans. Pour une partie des fidèles présents ce jour–là, ces choix ne relèvent pas de la diplomatie abstraite. Ils touchent à la dignité, à une forme de solidarité humaine qui ne supporte ni l’ambiguïté ni le décalage.

Alors la présence tardive du maire, dans ce contexte précis, est perçue autrement. Non pas comme un geste d’apaisement, mais comme une tentative de rattrapage. Une apparition qui arrive trop tard, trop calculée, trop chargée de sous–entendus électoraux pour convaincre. Le calendrier, lui, ne trompe personne. À deux jours d’un scrutin décisif, chaque déplacement est scruté, pesé, interprété. Et celui de Christian Estrosi sent la récupération politique.

Mais ce qui s’est joué à Nice dépasse la seule personne de Christian Estrosi. C’est une scène qui dit quelque chose de plus large sur le rapport entre les responsables politiques et les citoyens. Sur cette tentation, persistante, de considérer certains publics comme des segments électoraux que l’on active au moment opportun. Comme si la mémoire collective pouvait être suspendue le temps d’une campagne. Comme si les blessures, les désaccords, les colères pouvaient être mis entre parenthèses, le temps d’une poignée de main.

Or, précisément, c’est ce que ce refus vient contredire. Il rappelle que le respect ne se décrète pas. Qu’il ne s’improvise pas à la veille d’un vote. Il se construit dans la durée, dans la cohérence, dans une parole qui ne varie pas au gré des circonstances. Il suppose une écoute réelle, pas une présence populiste et électoraliste.

Il dit aussi autre chose, plus profond encore : les lieux de spiritualité ne sont pas des espaces neutres que l’on investit à sa convenance. Ils sont porteurs de sens, d’histoire, d’émotions. Y entrer suppose une forme de justesse. Une capacité à comprendre ce qui s’y joue, au–delà des images et des calculs.

À ice, ce jour–là, la réponse a été nette. Pas de violence, pas de débordement spectaculaire. Juste une limite posée. Une frontière entre le politique et l’intime, entre le temps du vote et celui du recueillement.

La scène laissera des traces. Elle rappelle, à sa manière, que les citoyens ne sont pas une réserve de voix que l’on mobilise à la dernière minute. Et que la mémoire, elle, ne s’efface jamais sur commande.

Mourad Benyahia 

2 commentaires:

  1. Estrosi, je le trouve très antipathique !!!

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  2. Il n' a pas senti que les choses sont en train de changer !
    Et même les musulmans n' aiment pas ces lécheurs de babouches !
    Bon, dimanche
    Amitié

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